La Gariguette à la fête (ou pas)...

Variété précoce, la Gariguette est une des fraises les plus vendues en France, une fraise qui a du goût ! On ne peut pas en dire autant des fraises transgéniques cultivées dans les serres d’ Andalousie. La Gariguette a été cultivée pour la première fois dans les années 70 dans le Lot et Garonne (aujourd’hui premier département producteur de fraises), elle a vu apparaître depuis plusieurs petites sœurs, comme la Mara des Bois, très cultivée en Midi-Pyrénées.

La variété Gariguette est la première venue des fraises françaises, c’est la fraise primeur ; elle est assez fragile et supporte mal les transports, c’est ainsi qu’en dehors du sud de la France, elle arrive aux étalages soit très chère, soit abimée. Rien de mieux donc que de l’acheter et la consommer sur les marchés du grand sud, fraîchement cueillie.

Le SCANDALE ÉCOLOGIQUE des FRAISES ESPAGNOLES

Savez-vous que la France aura importé d’ Espagne plus de 80 000 tonnes de fraises d’ici juin, ce qui représente près de 70% des fraises du marché français. Mais quelles fraises ! Énormes, insipides, parfois encore verdâtres…

Après 2000 km à bord de camions (16000 camions par an ! Je vous laisse imaginer l’impact CO2…), les voilà sur nos étals. Oh qu’elles ne sont pas chères ces fraises, moitié moins que nos bonnes fraises régionales. Et pour cause : elles sont cultivées et récoltées par des centaines d’ouvriers maghrébins saisonniers ou sans-papiers payés au lance-pierre.

Mais ce n’est pas tout : il faut savoir que ces grosses FRAISES SONT PRODUITES tout PRÈS D’UNE des PLUS BELLES RÉSERVES D’OISEAUX MIGRATEURS D’EUROPE. Cette agriculture empiète largement aujourd’hui sur la réserve naturelle soi-disant protégée, déployant allègrement des tonnes de pesticides , pour permettre aux plants de donner de magnifiques fraises hors saison (avec une terre sableuse stérilisée, une microfaune détruite et traitée entre autres avec de la chloropicrine, un composé de chlore et d’ammoniaque, un poison très dangereux). Le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. De plus, les plants hors-sol reçoivent une bonne dose d’engrais et de fongicides des plus efficaces, sans parler des techniques d’arrosage qui pompent les terres déjà arides du sud de l’Andalousie . Par conséquent, la faune et la flore locales s’en trouvent gravement affectées et transformées, au grand dam des associations écologistes espagnoles.

De quoi réfléchir à deux fois avant de se laisser tenter par le dessert du moment fraises-chantilly. La production de la fraise espagnole, c’est l’archétype de l’agriculture intensive, agressive, invasive, polluante, chimique et pas du tout durable . Mais tant que le consommateur achètera ses fruits et légumes hors saison, les industriels agricoles n’en finiront pas de polluer les terres. Quand l’Andalousie sera pillée, alors ils s’installeront au Maroc ou ensuite en Inde…pour encore plus de production de masse et de rentabilité.

Malheureusement, certains producteurs de fraises françaises ont aussi recours aux pesticides et aux serres chauffées pour accélérer l’arrivée de ce fruit symbole du printemps sur nos marchés…comme une course à celui qui ramènera sa fraise le plus tôt. On préfèrera donc choisir des fruits locaux bien sûr mais aussi bios ou non traités. Ne reste plus qu’à dégoter les bonnes.

YANNAYMAR